Le Bare Knuckle, quelles leçons en tirer?

Ces dernières années, le bare knuckle fighting (boxe à mains nues) a un succès grandissant. Des organisations comme le BKFC font des scores d’audience impressionnants. Très populaire chez les gens du voyage du Royaume Uni, ce sport n’a rien de nouveau. Il est l’ancêtre de la boxe anglaise telle qu’on la connait aujourd’hui avant l’apparition des règles établies par le marquis de Queensburry en 1865. Parmi ces règles, la plus importante fut l’apparition de gants. Pourquoi ce retour en arrière et en quoi les gants changent-ils la physionomie du sport?

Commençons par casser les idées reçues. Les gants n’ont pas été mis en place pour protéger le beau visage des boxeurs. Le problème numéro 1 qui se posait à l époque était que la plupart des boxeurs ne pouvaient enchainer les combats sans prendre un long repos pour laisser le temps à leurs mains fracturées de se rétablir. Pour vous en convaincre, regardez les combats actuels de boxe à mains nues. Vous constaterez que bon nombre de boxeurs finissent avec au moins une mains cassée. Au contraire, la présence de gants qui viennent recouvrir une main déjà bandée permet aux boxeurs de lâcher les coups à pleine puissance, sans prendre le risque de s’exploser les mains sur le crâne de l’adversaire.

Sans gants, on boxe différemment

La boxe à mains nues requiert plus de retenue, les coups sont portés à 70- 80% de la puissance maximale. On met aussi plus l’accent sur la précision, évitant du mieux possible que le poing ne vienne se heurter au haut du crâne, l’une des parties du corps les plus solides. L’excès de protection amène les boxeurs à envoyer les coups plus ou moins n’importe comment, sans penser à ce danger. Leur façon de boxer changerait radicalement s’ils en étaient dépourvus.

Mike Tyson s’est fracturé plusieurs fois la main à la suite de bagarres dans la rue. Le résultat fut certes le même que dans ses combats expédiés en 1 round sur le ring. Mais combien de fois par an aurait-il pu se battre sans gants et pour combien de temps? Même avec des gants, beaucoup de boxeurs trainent des blessures aux mains qui finissent par les handicaper pour continuer à évoluer au meilleur niveau. Alors imaginez sans.

La défense en bare knuckle peut donc aussi devenir l’attaque, en encaissant un coup avec la partie dure de son crâne ou avec le coude. C’est une des raisons pour laquelle certains instructeurs de self-défense préconisent de frapper main ouverte avec la paume. Voilà pour la partie technique, je m’attaque maintenant au pourquoi du regain d’intérêt pour la boxe à mains nues. La réponse en un mot : le spectacle.

Le sang coule

Les gants ne protègent que peu des dommages infligés au cerveau. Ça aurait même tendance à être le contraire si l’on prend en compte l’absence de peur de se casser les mains et la possibilité de frapper plein pot. Cependant, les gants protègent d’une chose en particulier: les coupures! Il suffit d’observer le visage des combattants à la fin d’un combat de bare knuckle pour s’en rendre compte.

On ne compte plus les points de sutures à la fin d’un évènement. Le contact des os contre le visage laisse des marques spectaculaires. Les coupures faites au visage ne sont pas réellement dangereuses, en tout cas bien moins qu’un traumatisme crânien invisible pour l’oeil du spectateur, mais le sang coule à flots! Effet garanti pour donner au public le sentiment grisant d’assister à ce qui semble être un combat à mort. C’est humain, nous sommes fascinés par la mort et je ne suis pas ici pour adopter une posture moralisatrice.

Les organisations comme le BKFC ont aussi grandement contribué à la montée en puissance de ce sport, avec un marketing huilé. Ils ont notamment su recycler des combattants UFC qui n’étaient pas des champions mais au nom suffisamment connu pour donner aux affiches une certaine “gueule”. Leur coup de pub le plus efficace fut l’organisation de l’affrontement entre Artem Lobov et Paulie Malignaggi.

Le premier, protégé de Conor McGregor, sortait d’un parcours en demi-teinte à l’UFC et s’était illustré dans un combat féroce en bare knuckle. Le second, ancien champion du monde de boxe anglaise, était en conflit avec ce même McGregor. Pour se faire mousser, McGregor avait publié une vidéo d’un sparring entre eux deux où Paulie n’était pas à son avantage, provoquant l’ire de ce dernier . Storytelling parfait. La victoire à la décision d’Artem contre le champion de boxe anglaise sonne un peu comme la victoire du bare knuckle sur la boxe classique.

Bare Knuckle
Artem Lobov vs Paulie Malignaggi

Quel avenir pour la boxe à mains nues?

Fini le temps où l’on croyait aux histoires de moines Shaolin indestructibles, aux techniques secrètes, etc. Internet est passé par là. À notre époque, on recherche l’efficacité et on demande des preuves visuelles. La rêverie a laissé place au pragmatisme, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore. Dans le milieu du divertissement, la tendance générale est aussi au toujours plus violent. Les arts martiaux n’échappent pas à cette règle. Tout ceci me mène à penser que la boxe à mains nues a de beaux jours devant elle.

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